Elon Musk veut défier la cécité : Neuralink prépare une puce capable de rendre la vue aux aveugles
Elon Musk veut défier la cécité : Neuralink prépare une puce capable de rendre la vue aux aveugles
« Une technologie niveau Jésus » : Elon Musk promet une révolution qui pourrait changer la vie des aveugles
Et si, dans quelques années, un aveugle pouvait retrouver une forme de vision grâce à une puce implantée directement dans son cerveau ? C’est le pari spectaculaire d’Elon Musk et de Neuralink. Baptisé « Blindsight », ce dispositif expérimental vise à stimuler directement le cortex visuel afin de produire une perception visuelle, y compris chez des personnes ayant perdu leurs yeux ou leur nerf optique. Musk affirme que les premiers essais humains pourraient commencer en 2026. Mais derrière cette promesse extraordinaire se cache encore une réalité scientifique beaucoup plus prudente.
Pendant des siècles, rendre la vue à une personne totalement aveugle a relevé du miracle.
Aujourd’hui, Elon Musk affirme que la technologie pourrait permettre de s’en approcher.
Pas avec une paire de lunettes.
Pas avec une opération classique.
Pas avec un œil artificiel traditionnel.
Mais avec une puce électronique implantée dans le cerveau.
Son nom : Blindsight.
Et si les ambitions affichées par Neuralink se concrétisent, cette technologie pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire des interfaces cerveau-machine.
Le pari fou de Neuralink
Neuralink, l’entreprise fondée par Elon Musk, travaille sur des interfaces capables de communiquer directement avec le cerveau.
Son principe général est relativement simple à comprendre.
Le cerveau fonctionne grâce à des milliards de neurones qui communiquent entre eux par des signaux électriques et chimiques.
Neuralink cherche à enregistrer ou stimuler certains de ces signaux grâce à de minuscules électrodes implantées dans le cerveau.
Avec Blindsight, l’objectif est différent de celui des premiers implants Neuralink destinés au contrôle d’ordinateurs.
Il ne s’agit plus seulement de permettre à une personne paralysée de déplacer un curseur par la pensée.
Il s’agit de tenter de recréer une perception visuelle.
Neuralink a reçu en septembre 2024 la désignation « Breakthrough Device » de la FDA américaine pour Blindsight, une procédure destinée à accélérer le développement et l’examen de certains dispositifs médicaux destinés à des pathologies graves.
Mais attention : cette désignation ne signifie pas que le dispositif est déjà prouvé efficace ou autorisé comme traitement. La FDA précise que les dispositifs bénéficiant de ce programme doivent toujours satisfaire aux exigences réglementaires de sécurité et d’efficacité.
Comment une puce pourrait-elle « voir » à la place des yeux ?
C’est probablement la partie la plus fascinante du projet.
Normalement, lorsqu’une personne regarde quelque chose, la lumière pénètre dans l’œil.
La rétine transforme cette information en signaux électriques.
Ces signaux sont ensuite transmis au cerveau par le nerf optique.
Finalement, le cortex visuel situé à l’arrière du cerveau traite l’information.
C’est ce processus qui permet au cerveau de construire ce que nous appelons la vision.
Mais que se passe-t-il lorsque l’œil est détruit ?
Ou lorsque le nerf optique est gravement endommagé ?
La voie classique de transmission de l’information visuelle est interrompue.
C’est précisément là que Neuralink veut intervenir.
Au lieu de passer par les yeux et le nerf optique, les informations pourraient être transmises directement au cerveau.
L’idée consiste donc à contourner certaines parties défaillantes du système visuel.
Même sans yeux ? C’est là que le projet devient spectaculaire
Elon Musk a affirmé que Blindsight pourrait à terme permettre de voir même à des personnes ayant perdu leurs deux yeux et leur nerf optique. Reuters rapportait déjà en 2024 cette ambition de Musk.
C’est une affirmation particulièrement importante.
Car certaines technologies de restauration de la vision reposent encore sur la présence d’une partie fonctionnelle de l’œil ou du nerf optique.
Blindsight vise, lui, une intervention beaucoup plus en amont du système : le cerveau lui-même.
C’est ce qui permet à Musk de présenter cette technologie comme potentiellement applicable à des personnes dont les voies visuelles classiques sont gravement endommagées.
Mais il faut souligner une chose essentielle :
il s’agit encore d’une ambition technologique, pas d’un traitement dont l’efficacité chez l’être humain serait démontrée.
Des singes ont déjà servi aux expérimentations
Avant de passer à l’être humain, Neuralink a travaillé sur des animaux.
Elon Musk avait annoncé que Blindsight avait produit chez des singes une forme de perception visuelle rudimentaire.
Les premières images obtenues ne seraient évidemment pas comparables à la vision humaine normale.
Musk avait lui-même décrit la résolution initiale attendue comme étant comparable à de très anciens graphismes de jeux vidéo.
Autrement dit, il ne faut pas imaginer une personne aveugle ouvrant soudainement les yeux et retrouvant immédiatement une vision nette comme celle d’une personne voyante.
Le premier objectif serait beaucoup plus modeste : produire une perception visuelle rudimentaire.
Des formes.
Des contrastes.
Des points lumineux.
Des contours.
Une capacité limitée à distinguer certains éléments de l’environnement.
Puis, éventuellement, améliorer cette perception avec le développement de la technologie.
« Niveau Jésus » : la déclaration spectaculaire de Musk
Elon Musk n’a évidemment pas choisi des mots ordinaires pour décrire l’avenir de Neuralink.
Il a notamment comparé certaines capacités potentielles de l’interface cerveau-machine à des technologies « niveau Jésus », en référence à l’idée de rendre certaines fonctions à des personnes qui les ont perdues.
Dans une intervention récente, Musk a expliqué que Neuralink entendait implanter Blindsight chez un premier patient et a présenté la technologie comme susceptible, à terme, de restaurer ou même d’améliorer certaines capacités visuelles.
C’est une formule spectaculaire.
Mais elle correspond aussi à la manière dont Elon Musk présente régulièrement les ambitions de ses entreprises.
Et lorsqu’il parle de vision supérieure à la vision humaine normale, le fossé entre la promesse et la démonstration scientifique devient encore plus important.
Voir mieux qu’un humain : le véritable objectif à long terme ?
C’est probablement l’une des parties les plus intrigantes du projet.
L’objectif ne serait pas nécessairement de reproduire exactement la vision naturelle.
À très long terme, Musk imagine une technologie capable de dépasser certaines limitations biologiques.
Une caméra pourrait par exemple percevoir des informations qui ne sont pas directement accessibles à l’œil humain.
Le cerveau pourrait théoriquement recevoir des informations provenant de capteurs numériques.
On pourrait alors imaginer, dans un futur très lointain :
une vision nocturne, une perception de certaines longueurs d’onde invisibles à l’œil humain ou encore l’accès à des informations numériques directement intégrées à la perception.
Mais ici encore, il s’agit de perspectives technologiques.
La question de savoir si une